Le Marais poitevin, une destination dans la destination du Sud Vendée

Où se trouve le marais poitevin ?

Le paysage du marais Poitevin se dessine de Niort à la Rochelle, à cheval sur trois départements (La Vendée, La Charente-Maritime et Les Deux-Sèvres). Il englobe avec lui plusieurs villes de charme telles que Fontenay-le-Comte ou Luçon, ainsi qu’un nombre important de villages de pierres calcaires. Le marais Poitevin comprend une multitude de paysages qui en font un lieu riche en biodiversité, on parle alors du marais mouillé, marais desséché et marais maritime.

Une nature sauvage sculptée par la main de l’homme

Canal dans le marais poitevin
Canal dans le marais poitevin - © A.Lamoureux

La construction du Marais Poitevin, un travail sur la nature au fil des siècles.

Le Marais Poitevin fut entièrement (… ou presque !) façonné par l’homme sur plusieurs siècles. L’eau fut au cœur de ces aménagements et est toujours centrale dans la vie quotidienne des habitants

Le paysage que vous avez aujourd’hui sous vos yeux, est l’œuvre des habitants successifs de ce territoire chargé d’histoire.

Mais pour comprendre un peu ce paysage, revenons, quelques temps en arrière …

Ainsi, avant ce marais, existait une étendue de mer composée d’îles et d’îlots nommé le Golfe des Pictons. Certains noms de village ou lieu-dit rappellent ce passé tels que l’Ile d’Elle, La Porte-de-l’île (Saint-Pierre-le-Vieux) et l’île de la Dive (Saint-Michel-en-l’herm).

« Pour exemple, à cette période, lorsque nous étions à Maillezais, nous pouvions tremper les pieds dans la mer …»

Selon la légende, l’eau se serait retirée du Golfe en une seule nuit… mais l’histoire est beaucoup moins « exceptionnelle ». Abandonné par l’océan au fil des siècles, le Golfe des Pictons s’est en réalité peu à peu comblé de sédiments marins (… en résumé, de la vase). Faisant de ce lieu un vaste marécage sauvage peuplé d’une faune riche, peu accessible et à la merci des marées et des déversements des eaux de ses bassins versants. Il ne reste de ce golfe aujourd’hui que la baie de l’Aiguillon qui continue inlassablement de se combler elle aussi de vase.

Voyant une opportunité de produire des cultures sur ces terres riches et d’évangéliser les « sauvages » du marais, les moines des abbayes du Sud Vendée, et pas que, décident dès le XII siècle de creuser des canaux pour évacuer les eaux (le canal des 5 abbés portant bien son nom !). Mais aussi de construire des « portes à flots » pour empêcher la mer de revenir sur leurs terres cultivées et des digues délimitant les terres pour protéger les eaux douces qui irriguent les cultures.  Mogette, sel et autres productions, voient le jour dans le paysage, maintenant créé, du Marais Poitevin. 

Abandonné durant la guerre de 100 ans et les guerres de religion, le marais Poitevin, qui doit être entretenu régulièrement, voit ses canaux se combler en partie de vase et les ouvrages hydrauliques se détériorer. Ce n’était pas sans compter l’arrivée d’Henri IV au pouvoir qui décida de donner un second souffle au marais, nommant un Hollandais Humphrey Bradley, pour superviser la poursuite des travaux d’assèchement du marais (« le canal des Hollandais » … un clin d’œil à cette époque !)

La création de Syndicats de marais au XVIIème siècle réorganise la gestion de l’entretien et la création de nouveaux canaux et ouvrages. Ces décisions sont maintenant confiées à ces nouvelles structures ayant une forte influence sur le secteur en lien avec le Maître de Digues (Pour en savoir plus, rendez-vous à la Maison du Maître de Digues). Les syndicats existent toujours à l’heure actuelle et permettent encore aujourd’hui l’entretien du marais Poitevin.

Le marais mouillé, resté « sauvage » jusqu’alors, ne fera l’objet de travaux qu’au XIXème siècle. Ses habitants œuvreront ainsi pour creuser fossés et conches et surélever les terres.

Marais poitevin vue du ciel - © A.Lamoureux
Marais poitevin vue du ciel - © A.Lamoureux

« On dénombre aujourd’hui 8 400 km de canaux qui ont été creusés et entretenus par la main de l’homme depuis le XIIème siècle et 594 ouvrages hydrauliques qui ont été bâtit avec les moyens de l’époque, … des chiffres à peine imaginable ! »

Marais mouillé

Le Marais poitevin, des paysages diverses sur une étendue de 100 000 hectares

Trois paysages uniques et utiles au fonctionnement du marais

Aiguillon-sur-mer
Aiguillon-sur-mer - © A.Lamoureux

Pour que le Marais Poitevin, situé dans une « cuvette » géologique, vive au fil des saisons et des niveaux d’eau, 3 paysages « utiles » ont été créés par l’homme. La présence de ces 3 paysages donne aussi parfois le nom au pluriel « les marais poitevin » pour plusieurs d’entre nous :

  • le Marais desséché (65 000 ha sur les 100 000 ha du Marais Poitevin) est composé de grandes étendues de cultures céréalières Ses terres sont bordées de canaux et d’écluses qui permettent l’irrigation des cultures ou l’évacuation du trop-plein d’eau vers la mer.
  • le Marais Mouillé (30 000 ha) a un rôle de réserve d’eau au sein du marais poitevin. Imaginez le marais mouillé comme une grosse « éponge ». Ainsi en hiver il se gorge d’eau de pluie, puis en été, lorsque le besoin d’eau pour irriguer les cultures se fait ressentir du côté du Marais desséché, on ouvre les vannes et on « presse » ce marais pour extraire l’eau et l’amener vers les cultures.
  • le Marais maritime (5 000 ha) correspond aux prés salés appelés « mizottes » le long de la baie de l’aiguillon. Ce sont les dernières terres qui ont été gagnées (asséchées) sur la mer souvent occupées par des élevages.
Balade en barque
Balade en barque - © A.Lamoureux

Le marais mouillé, le paysage poétique du Marais poitevin

Lorsque vous imaginez le marais poitevin avec des canaux couverts d’un toit de verdure et des barques qui cheminent sur ces canaux sinueux, vous êtes ici, au cœur du marais mouillé, la partie la plus typique et dépaysante du marais que l’on appelle aussi parfois « la Venise Verte ». Dans ce paysage digne d’un labyrinthe d’eau, la balade en barque est certainement l’activité la plus prisée.

Peupliers et frênes « têtards » bordent ce marais et l’habillent d’un beau feuillage vert au printemps.

Durant la belle saison, les lentilles d’eau, petites plantes aquatiques flottantes que l’on retrouve à la surface des rivières, font leur apparition sur plusieurs canaux du marais mouillé. Un tapis vert prend alors place sous la barque, le nom « Venise verte » devient une évidence.

Marais desséché au printemps
Marais desséché - © A.Lamoureux

Le marais desséché, un paysage ouvert sur les grands espaces

Comme vous l’aurez compris par leur nom… Le marais desséché est un paysage totalement différent du marais mouillé. En effet, c’est un secteur protégé des crues des eaux grâce aux digues qui l’entoure. Ainsi cette zone est non inondable et offre une large palette de paysages (prairies et terres cultivées) délimités par des fossés.

Vous trouverez principalement dans ce secteur, non des frênes têtards mais les roselières qui bordent essentiellement les canaux rectilignes de ce marais.

Port de l'épine à Puyravault
Port de l'épine à Puyravault - © Sud Vendée Tourisme

La baie de l’Aiguillon, le visage maritime du marais poitevin

Autre partie incontournable du marais poitevin en Vendée, la baie de l’aiguillon. Cette partie est un vaste ensemble naturel situé entre la Vendée et la Charente-Maritime, composée essentiellement de prés salés et de vasières. Ainsi au rythme des marées, le paysage change. Découvrez pendant un moment les vasières où s’élancent les bouchots, sur lesquels grandissent de délicieuses moules, avant que la baie ne soit totalement recouverte par la mer…

Vous aimez admirer les oiseaux ? Cela tombe bien car c’est dans les eaux humides de la baie que les oiseaux décident de se poser. Alors à vos jumelles !