Maison-musée Clemenceau ©Media Média Maison-musée Clemenceau ©Media Média

Le musée National Clemenceau - de Lattre

Deux Illustres nés à Mouilleron-en-Pareds en Vendée

Le nouveau musée national Clemenceau-de Lattre est composé de la maison natale du Maréchal de Lattre de Tassigny et de la maison natale de Georges Clemenceau, toutes deux « Musée de France » et labellisées « Maison des Illustres ».

Quelle chance pour ce village de Mouilleron-en-Pareds, situé à la limite du bocage vendéen et de la plaine du Sud Vendée (aujourd’hui dénommé Mouilleron-Saint-Germain depuis sa fusion en commune nouvelle avec le village voisin de Saint Germain l’Aiguiller), que d’abriter, non pas une seule, mais deux maisons ou sont nés des hommes ayant marqués l’Histoire (avec un grand « H ») de France. 

Ces deux maisons constituent le Musée National Clemenceau De Lattre, « Musée de France », et sont distantes de quelques mètres seulement, la rue du Temple est le trait d’union entre les deux propriétés.

Multimédia Maison Clemenceau Mouilleron-en-Pareds ©Media Média
Maison Clemenceau ©Media Média

La maison de Clemenceau

Une visite interactive

Pour mieux comprendre le personnage historique de Georges Clemenceau, né en 1841 à Mouilleron-en-Pareds, quoi de mieux que de franchir la porte de sa maison natale. Cette ancienne boulangerie (et oui la maison a connu de nombreuses transformations et fonctions depuis la naissance de Georges…) est entièrement restaurée pour proposer au public une expérience de visite agréable et accessible. Le Président de La République, Emmanuel Macron, s’y est même déplacé en personne pour son inauguration en juin 2018, à l’occasion des célébrations du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

Les collections du musée Clemenceau sont présentées dans des vitrines pédagogiques, complétées par des dispositifs multimédias de toute nature (tablettes, projections…) dont certains destinés à illustrer le lien entre l’histoire de Georges Clemenceau et notre société actuelle. 

Frise chronologique Maison Clemenceau Mouilleron-en-Pareds©Media Média
Frise Maison Clemenceau ©Media Média

Un musée historique, biographique et citoyen

Clemenceau est présenté dans son siècle et également dans la modernité de ses idées et de ses actions. La déambulation dans la maison de Clemenceau permet de découvrir les multiples facettes de Clemenceau, en dépassant l’image traditionnelle du Père la Victoire, au long d’un parcours organisé autour de trois axes : 

  • L’HOMME POLITIQUE : qui a marqué cinquante ans de la vie politique française, de la Commune à la Première Guerre mondiale, homme de combat et homme d’action ;
  • L’HOMME DE PASSIONS, ouvert au monde et aux autres civilisations mais attaché à ses racines, écrivain, défenseur de l’art contemporain de son temps, ami fidèle et amoureux des choses simples de la vie ;
  • CLEMENCEAU ET LA VENDÉE, dans ses liens personnels, familiaux et littéraires.
Jardin Maison Clemenceau Mouilleron-en-Pareds©Media Média
Jardin Maison Clemenceau Mouilleron-en-Pareds©Media Média

Le jardin de Clemenceau, une invitation au voyage

Le musée Clemenceau De Lattre se compose d’un jardin dont l’aménagement témoigne de l’attachement profond de Georges Clemenceau à la nature. L’ambiance domestique du jardin est conservée en s’inspirant des usages que l’on pouvait y trouver : verger, potager, serre, volière… Vous, visiteur, vous rentrerez dans ce jardin par la porte du fond, comme si vous faisiez partie de la famille. L’attachement de Georges Clemenceau à la nature et au jardin, sa grande amitié avec Monet, sa passion pour l’Asie s’expriment par des clins d’œil dans le choix des plantes. Plusieurs d’entre elles ont été sélectionnées en raison de leur origine ou de leur évocation asiatique. Vous pourrez y admirer : érables du japon, cerisier fleur, chrysanthèmes… Un moment de quiétude et d’évasion garantit !

Frise chronologique Clemenceau Mouilleron-en-Pareds©Media Média
Frise chronologique Clemenceau Mouilleron-en-Pareds©Media Média

Clemenceau, l’histoire d’une famille, d’une maison

En 1839, Benjamin Clemenceau et Sophie Gautreau se marient au temple de Mouilleron- en-Pareds. Le couple s’installe rue de la Chapelle, chez le père de la jeune femme : François Gautreau, républicain et protestant, maire de Mouilleron-en-Pareds de 1832 à 1834. En 1840, naît Emma, le premier enfant du couple. Un an plus tard, le 28 septembre 1841, Georges Clemenceau verra le jour dans la maison de son grand-père. Dès 1844, la famille déménage pour s’installer à Nantes. Enfant, Georges Clemenceau reviendra dans cette maison tous les étés, chez François Gautreau, son grand-père maternel. Après la mort du grand-père (1872), la maison fut vendue en 1893 et transformée partiellement en boulangerie. Profondément attaché à ses racines familiales et vendéennes, Georges Clemenceau s’y arrêtera jusqu’à la fin de sa vie à chacun de ses passages en Vendée.

Maison-musée De Lattre Mouilleron-en-Pareds ©Stéphane-Grossin

La maison de Jean de Lattre de Tassigny

Une maison de famille

Le musée Clemenceau De Lattre c’est aussi une toute autre ambiance, une autre atmosphère : il vous permettra d’entrer dans une maison bourgeoise qui a su conserver ses décors, ses meubles et ses jardins du XIXe siècle. Voici un bel exemple de maison de notable vendéen du XIXème siècle !

Chaque heure, un guide accompagne un groupe de visiteurs pour mieux comprendre l’histoire de cette famille et propose une découverte pièce par pièce de cette maison si particulière : 

  • Le « grand salon », pièce meublée de deux fauteuils de la Belle Epoque avec des tapisseries à fleurs de lis, et d’un mobilier Napoléon III, en acajou et velours rouge qui servait à recevoir les invités ;
  • Le petit salon contigu frappant par sa simplicité ;
  • La salle à manger, elle donnant côté rue, dont la table souvent ouverte aux notables de la région était renommée ;
  • La cuisine, à l’usage du personnel, particulièrement imposante. Sa superficie et les huit feux du potager témoignent du nombre de bouches à nourrir ;
  • A l’étage, les chambres, dont la chambre parentale, la chambre natale dans laquelle Jean de Lattre est né le 2 février 1889, la chambre d’enfants où sont exposés aujourd’hui les objets quotidiens de la petite enfance de Jean de Lattre, son cheval à bascule, sa charrette anglaise et son berceau et la chambre de « Monsieur Jean », qui avait fait une véritable révolution en la modernisant (nouvelles tentures, assorties aux tapis rapportés du Maroc, aquarelles et gravures encadrées et placées sur les murs).
Grand salon Maison De Lattre Mouilleron-en-Pareds ©Stéphane-Grossin
Grand salon Maison De Lattre Mouilleron-en-Pareds ©Stéphane-Grossin
Cuisine Maison De Lattre Mouilleron-en-Pareds ©Stéphane-Grossin
Cuisine Maison De Lattre Mouilleron-en-Pareds ©Stéphane-Grossin
Jardin Maison De Lattre Mouilleron-en-Pareds ©Stéphane-Grossin
Jardin Maison De Lattre Mouilleron-en-Pareds ©Stéphane-Grossin

Un jardin où il fait bon se promener

Après avoir découvert cet intérieur, quoi de mieux que de flâner dans le jardin attenant à la maison. On y découvre en son centre un magnifique magnolia. De part et d’autre, quelques rosiers d’espèces variées et rares, des camélias apportent des teintes chaudes qui tranchent sur le vert foncé des ifs taillés. Une tonnelle de vigne permet d’accéder au potager.

Colline des Moulins Mouilleron-Saint-Germain © A.Lamoureux
Colline des Moulins Mouilleron-Saint-Germain © A.Lamoureux

Vadrouille à Mouilleron-en Pareds

Prolongez votre visite par la découverte du village natal en cheminant dans les rues et sur la colline des moulins grâce au sentier pédestre et à la piste cyclable. Du mobilier « Vadrouille » vous accompagne dans la découverte de cet étonnant village. 

Nous vous proposons de découvrir la colline d’une autre manière en téléchargeant l’application Baludik. Au travers d’énigmes, aidez les enquêteurs à retrouver la moustache de Clemenceau égarée sur la colline des moulins.

Jean de Lattre de Tassigny© VincentOlivaud

Un peu d’histoire

Qui est Jean De Lattre de Tassigny ?

Jean de Lattre de Tassigny est né le 2 février 1889 dans la maison de ses grands-parents maternels, Jules et Zelina Hénault, maire, royaliste et catholique, où vivaient ses parents. Il y passera son enfance jusqu’au départ au collège et y reviendra toute sa vie.

De 1898 à 1904, Jean prépare l’École navale et Saint-Cyr où il est reçu en 1908. Il effectue ses classes au 29e Dragons à Provins. Il est élève de Saint-Cyr de 1909 à 1911, dans la promotion « Mauritanie » dont il sort 4e de promotion. Il entre en 1911 à l’école de cavalerie de Saumur.

En 1912, Jean de Lattre de Tassigny est affecté au 12e Dragons à Pont-à-Mousson puis sur le front. Il est blessé une première fois le 11 août 1914 par un éclat d’obus au cours d’une reconnaissance. Le 14 septembre, il est blessé d’un coup de lance d’un uhlan en chargeant à la tête de son peloton de dragons. Affaibli par sa blessure, obligé de sa cacher dans Pont-à-Mousson occupée par les Allemands, Jean de Lattre de Tassigny est sauvé de la capture par un officier du 5e régiment de hussards en mission de reconnaissance, le sous-lieutenant Schmeltz.

Il est ensuite capitaine du 93e Régiment d’Infanterie et termine la guerre avec 4 blessures et 8 citations.

Jean de Lattre de Tassigny est ensuite affecté au 49e Régiment d’Infanterie de 1919 à 1921 à Bayonne. En 1921 il est envoyé au Maroc dans le 3e bureau et dans l’état-major de la région de Taza jusqu’en 1926. De 1927 à 1929, il suit les cours de l’école de guerre avec la 49e promotion. Il se marie avec Simone Calary de Lamazière en 1927, et ils auront un fils, Bernard, en 1928. En 1929 il devient chef de bataillon au 5e Régiment d’Infanterie à Coulommiers. En 1932 il est promu à l’état-major de l’armée puis à celui du général Maxime Weygand, vice-président du Conseil Supérieur de la Guerre, au grade de lieutenant-colonel. En 1935 il devient colonel, commandant le 151e Régiment d’Infanterie à Metz. Entre 1937 et 1938 il suit des cours au centre des hautes études militaires et devient en 1938 chef d’état-major du gouverneur de Strasbourg.

Promu général de brigade le 23 mars 1939, Jean de Lattre de Tassigny est chef d’état-major de la Ve armée le 2 septembre 1939. Le 1er janvier 1940 il prend le commandement de la 14e Division d’Infanterie qu’il commande pendant les affrontements avec la Wehrmacht à Rethel, où sa division résiste héroïquement, jusqu’à la Champagne et l’Yonne, et conserve miraculeusement sa cohésion militaire au milieu du chaos de la débâcle. De juillet 1940 à septembre 1941, il est adjoint au général commandant la 13e région militaire à Clermont-Ferrand puis devient général de division commandant des troupes de Tunisie jusqu’à la fin 1941. Par la suite il commande la 16e Division à Montpellier et est promu général de corps d’armée.

Lorsque la zone libre est envahie par les troupes allemandes, il refuse l’ordre de ne pas combattre et est arrêté. Il est condamné à 10 ans de prison par le tribunal d’État de la section de Lyon le 9 janvier 1943.

Parvenant à s’évader de la prison de Riom le 3 septembre 1943, il rejoint Londres puis Alger où il arrive le 20 décembre 1943 après avoir été promu au rang de général d’armée le 11 novembre 1943 par le général de Gaulle. En décembre 1943 il commande l’Armée B, qui devient la Première Armée française. Il débarque en Provence le 15 août 1944, prend Toulon et Marseille, remonte la vallée du Rhône, puis le Rhin, libère l’Alsace, et entre en Allemagne jusqu’au Danube. Il représenta la France à la signature de l’armistice du 8 mai 1945 à Berlin au quartier général du Maréchal Joukov.

Entre décembre 1945 et mars 1947, Jean de Lattre de Tassigny est inspecteur général et chef d’état-major général de l’armée. En mars 1947 il est inspecteur général de l’armée, puis inspecteur général des forces armées. D’octobre 1948 à décembre 1950, il est commandant en chef des armées de l’Europe occidentale à Fontainebleau.

Il devint haut-commissaire et commandant en chef en Indochine et commandant en chef en Extrême-Orient (1950-1952) et met sur pied une armée nationale vietnamienne. Épuisé par le surmenage auquel il s’est astreint tout au long de sa carrière et que n’a pas arrangé sa blessure reçue en 1914, très affecté par la mort de son fils Bernard, tué au cours de la campagne d’Indochine, et atteint d’un cancer de la hanche, il meurt à Paris le 11 janvier 1952 des suites d’une opération. Il est élevé à la dignité de maréchal de France, à titre posthume, lors de ses funérailles le 15 janvier 1952. Il est inhumé, auprès de son fils, dans son village natal de Mouilleron-en-Pareds.